NEW GROUP de Shimotsu Yûta (2026

NEW GROUP

Titre Original : New Group
2026 – Japon
Genre : Horreur absurde
Durée : 1h21
Réalisation : Shimotsu Yûta
Musique : –
Scénario : Shimotsu Yûta

Avec Yamada Anna, Aoki Yuzu, Pierre Taki, Komai Ren, Kinoshita Danhi, Sasaki Arisa, Hosoi Jun, Rogers Kano et Adachi Tomomitsu

Synopsis : Dans un lycée gagné par une étrange ferveur sectaire qui pousse les étudiants à former une immense pyramide humaine collective, Ai et Yu refusent de se joindre au mouvement. Leur résistance les transforme en cibles, traqués par leurs camarades et une institution de plus en plus autoritaire.

En peu de temps, Shimotsu Yûta a su attirer le regard des cinéphiles curieux. Des courts métrages, d’abord, certes assez confidentiels, puis son premier long, le Best Wishes to All qui adaptait le court métrage du même nom. Un métrage certes tirant un peu trop sur la corde dans son dernier tiers, mais une proposition atypique, grotesque, amusante, sanglante, qui a des choses à dire sur la société Japonaise, sans devenir lourd en oubliant de faire un film à côté. Certains pourraient en prendre de la graine à Hollywood, eux qui oublient souvent de faire un film, trop obnubilé par des messages véhiculés non pas par conviction, mais par agenda politique. En tout cas, et même si ce fut surtout un succès d’estime, Best Wishes to All a dû attirer assez l’œil pour véritablement lancer la carrière de son réalisateur, qui depuis, a eu le temps de livrer en deux ans un nouveau film, mais aussi réaliser tous les épisodes d’une série adaptant les mangas de Itô Junji. Et si sa série est toujours inédite hors du Japon (je vous en parlerais bientôt), son nouveau métrage, New Group, a eu les honneurs d’une minuscule sortie en salles en France. Alors il fallait se lever tôt, être au courant et ne pas vivre trop loin d’une grande ville, mais le risque est à souligner. Maintenant, on espère une édition physique pour ne pas voir le film se retrouver uniquement bloqué derrière un abonnement quelque part. Surtout car New Group, c’est dans la droite lignée de son précédent métrage. Honnête, absurde, parfois très amusant, parfois un poil dérangeant, avec sa petite critique sociale qui n’oublie pas à côté de livrer un film pouvant divertir le public, mais aussi donc parfois un peu limité, et dans son dernier tiers, allant sans doute toujours un peu plus loin, voire trop loin. Mais une prise de risque toujours à souligner pour un film hautement sympathique.

Mais il faut dire qu’avec une réalisation et un scénario signés Shimotsu Yûta, mettant en avant la talentueuse Yamada Anna, et un petit rôle assez barré pour Pierre Taki, j’étais presque déjà séduit d’avance. Après donc son précédent métrage se déroulant à la campagne et parlant des petites communautés et de la famille, New Group lui parle forcément de l’appartenance à un groupe (social, politique), et prend place en ville, et même majoritairement dans un lycée tout ce qu’il y a de plus banal. Nous y suivons la jeune Ai (Yamada Anna donc) dans son lycée, ainsi que le nouveau dans la classe Yuu (Aoki Yuzu), qui sont témoins de choses étranges, le jour où un élève se retrouve sur le terrain dehors, à quatre pattes. Et le jour suivant, voilà qu’ils sont trois, commençant à former une pyramide. Le tout sous le regard des professeurs qui valident, et du proviseur (Pierre Taki donc) qui encourage. La situation dégénère bien entendu très rapidement puisque nos deux héros, au départ accompagnés de deux autres personnages, ne comprennent pas le mouvement, ne veulent pas se conformiser à cette nouvelle volonté pyramidale, à ce monde qui autour d’eux, semble se dérégler, au lycée, dans les rues, au niveau de l’enseignement, certes, mais aussi au niveau des médias ou de la politique. Shimizu Takashi, qui avait produit d’ailleurs le long métrage Best Wishes to All, intervient plusieurs fois dans le film lors des passages télévisés, apparaissant comme la seule voix encore saine et logique dans un monde déréglé. Bon, évidemment, le cœur du récit, cette appartenance à un groupe, bien que totalement absurde et exagéré, n’a rien d’anodin, concernant bien la société Japonaise où mieux vaut faire partie du groupe et ne jamais se rebeller pour ne pas détruire la cohésion du groupe, ne pas créer de tension. Une notion de groupe d’ailleurs que l’on pourrait presque juger de totalement Japonaise dans l’esprit, sauf que les récents événements un peu partout montrent bien que le monde est en train de bouger pour former des groupes plus ou moins grands, mais surtout, ironiquement, en ne gardant que les mauvais côtés de cette société fonctionnant en groupe, par assimilation. Mais je ne compte pas partir dans un débat politique ici, il y aurait trop à dire, et forcément, le groupe opposé viendra me tomber sur la gueule.

Et puis surtout car New Group reste du cinéma, et finalement, qu’importe notre point de vue sur le sujet, ce qui m’intéresse personnellement, c’est la cohérence de l’œuvre avec ce qu’elle veut raconter, et son potentiel de divertissement. Et pour qui aime l’humour et les situations absurdes, New Group fonctionne parfaitement, sur le modèle d’ailleurs du précédent film de son auteur, en infiltrant petit à petit son absurde dans le quotidien des personnages, avant de faire dérailler finalement tout ce qui semble les entourer, à tel point que certains personnages craqueront et choisiront de rejoindre le groupe, ce New Group, cette pyramide, tandis que d’autres devront trouver des alternatives pour, dans un sens, rester fidèle à ce qu’ils sont, à ce qui leur semble normal. La majeure partie du temps, New Group fonctionne, entre humour, horreur sociale, absurdité totale, dans des scènes aussi amusantes que flippantes dans leur application, comme cette poursuite dans les couloirs du lycée face à des pyramides humaines, et où la violence vient s’infiltrer petit à petit également dans le récit, quand la violence restera la seule solution pour faire taire l’opposition. Les acteurs s’en donnent à cœur joie, certains cabotinent et en font des caisses, notamment les professeurs, mais aussi Pierre Taki en proviseur, qui va pousser la chansonnette. Structurellement, New Group fonctionne parfaitement durant sa première heure. Evidemment, on sent parfois les limites du projet, et de son budget, mais ça lui donne également un charme fou. Dans sa toute dernière ligne droite, toujours plus grotesque et absurde, New Group devient alors moins convaincant par contre, et ce malgré la logique derrière cet affrontement entre nos personnages, à coup de Yah et de Po. Amusant, logique, mais allant peut-être un peu trop loin. Comme pour son précédent film. Shimotsu a-t-il du mal à boucler ses concepts ? Peut-être bien, que New Group reste un savoureux métrage quoi qu’il arrive.

Les plus

Grotesque et amusant
Des scènes très drôles
Malgré tout, un côté creepy bien présent
Yamada Anna, toujours très bien
Le réalisateur continue ses thématiques

Les moins

Un final too much
Certains éléments effleurés

En bref : Après Best Wishes to All, sa campagne et la famille, Shimotsu Yûta revient avec New Group, sa ville, son appartenance à des groupes et sa pyramide. Absurde, grotesque, amusant, social, mais surtout divertissant.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Grotesque and amusing
♥ Some very fun scenes
♥ Often creepy too
♥ Yamada Anna, always good
♥ The director continues to develop his world, his themes
⊗ The finale goes maybe too far?
⊗ Some themes are not developed to their full potential
After Best Wishes to All, the countryside and family, Shimotsu Yûta is back with New Group, the city, the fact to belong to a group and a pyramid. Absurd, grotesque, fun, social, and entertaining.

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