BEHEMOTH de David Hogan (2011)

BEHEMOTH

Titre original : Behemoth
2011 – Etats Unis / Canada
Genre : Monstre géant
Durée : 1h30
Réalisation : David Hogan
Musique : Michael Neilson
Scénario : Rachelle S. Howie

Avec Cindy Busby, Ed Quinn, Jessica Parker Kennedy, William B. Davis et Pascale Hutton

Synopsis : Un tremblement de terre réveille l’activité d’un volcan situé en pleine montagne. Aux pieds de celle ci, une petite ville. Malheureusement, le tremblement de terre a également réveillé une créature qui dormait dans les entrailles du volcan depuis des millénaires.

Ah, Syfy, ce qu’il y a de bien avec leurs productions, c’est qu’on sait tout de suite à quoi s’attendre. Ce qu’il y a de bien à les chroniquer, c’est que d’un film à l’autre, les mêmes mots reviennent, si bien que les critiques sont finalement interchangeables, car aucun de leur métrage ne sort vraiment du lot. Pourtant, elles se divisent en plusieurs catégories : celles qui ne se prennent pas au sérieux, celles qui montrent sans arrêt leurs monstres malgré un budget proche du néant, et celles qui au contraire montrent peu les monstres. Behemoth fait parti de cette dernière catégorie, ce qui n’est pas plus mal vu le budget de la chose. On se retrouve devant une bête histoire de monstre beaucoup plus vieux que nous qui se réveille et va menacer l’humanité. Rien que ça ! Mais une équipe d’irréductibles gaulois… euh, une bande de héros (en gros, une famille unie pour le meilleur et pour le pire) va tout faire pour l’arrêter et renforcer les liens de la famille. Sur le papier, c’est classique et stéréotypé. A l’écran, c’est… classique et stéréotypé également. Le début fait très peur et manque cruellement de crédibilité. Enfin en fait, non, on savait à quoi s’attendre, aucune surprise donc. Plusieurs personnes travaillent dans la montre, un tremblement de terre, une branche tombe sur la jambe d’un des messieurs, il meurt… Oui, on a le droit d’en rire, même si une explication viendra par la suite. Passons à la scène suivante, deux malheureux géologues dans un petit bureau, c’est la panique, mais heureusement, parmi eux, une femme, blonde, plantureuse, chemisier à moitié ouvert, soutif apparent. Pas très crédible tout ça. M’enfin, je ne vais pas continuer d’éplucher scène après scène les éléments de ce genre, cela serait sans fin déjà, et peu constructif. Pour pouvoir apprécier un tant soit peu un film comme Behemoth, c’est à dire un film Syfy, il faut de préférence être… à plusieurs, et avoir de quoi boire.

Behemoth, comme si son équipe en était enfin consciente, est un film fauché, et donc, le monstre tardera à faire son apparition. Pendant environ une heure de métrage, il faudra se taper de longs dialogues interminables, des rebondissements dont on se moque éperdument, des acteurs parfois bons, parfois beaucoup moins (on retrouvera d’ailleurs William B. Davis, qui jouait l’homme à la cigarette dans X-Files). Le tout bourré de clichés. Ainsi, on n’échappera pas au héros très gentil qui voudra sauver tout le monde, sa famille qui se retrouvera impliqué, des dialogues niais au possible, un couple follement amoureux quoi qu’il arrive, un papy accro des complots qui voit tout venir et comprend tout avant tout le monde, sauf que personne ne l’écoute. Le shérif bien entendu est incrédule  et fera tout pour que la ville continue de vivre normalement. Entre temps, nous, on a le temps de bayer, entre une demande en mariage, des conspirations, un agent du gouvernement qui débarque en ville (seul bien entendu) . Et le monstre dans tout ça ? Il se fait attendre, nous n’aurons droit qu’à quelques apparitions furtives, genre un bout de queue (non, pas celle là bande de pervers), ou avalera quelques voitures, voir maisons, qui disparaîtront dans le sol. L’hommage au bon film de monstres de la fin des années 80 Tremors est d’ailleurs assez appuyé dans cette séquence. Malheureusement, si le film, en montrant justement peu son monstre, évite le ridicule, il n’en devient qu’un peu plus ennuyeux, et c’est parfois dommage. Sérieux, et ennuyeux, même si beaucoup de séquences manquent cruellement de crédibilité, comme dit plus haut.

Pour voir vraiment les choses bouger, il faut bel et bien attendre la dernière demi-heure (et donc surmonter une heure d’ennui quasi total). Là, comme souvent chez Syfy, le film veut virer au film catastrophe, mais sans avoir les moyens de ses ambitions. La ville évacuée, les tremblements de terre et fissures dans le sol, n’attendez pas un résultat visuel à la 2012, aussi mauvais soit-il. L’action ne sera rarement montrée, et se limitera, pour simuler une catastrophe, à une caméra qui tremble en forêt et un magasin dont les vitres se fissurent et s’enfonce dans la terre. Le monstre en lui même, ne se montrera finalement que dans deux scènes, dont la scène finale, et ne sera (oui oui) pas trop mal fait. Si bien que l’on ne pourra pas vraiment en rire. Bien entendu, les effets spéciaux numériques ne sont pas au top, mais comprenez surtout que pour ce genre de productions, on a vu tellement pire. Malheureusement, si l’une de ces deux scènes sera typique aux films de monstres, l’autre, la finale justement, sera expéditive, et le monstre ne sera là pour faire de la figuration, attendant bien tranquillement son heure, et donc la fin du métrage. Parfois un peu mieux foutu que d’habitude, Behemoth reste pourtant bel et bien un film Syfy, très long, très bavard, mais moins ridicule. Il conserve tout de même tous les défauts de ce genre de productions.

Les plus
Se veut un hommage à Tremors
Le monstre est peu montré
Les moins
C’est du Syfy
Long et bavard
Final avec le monstre expéditif
Pas super passionnant

En bref : Une production Syfy classique : long, bavard, stéréotypé, mal foutu et trop sérieux.

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