LITTLE EVIL de Eli Craig


LITTLE EVIL

Titre original : Little Evil
2017 – Etats Unis
Genre : Comédie fantastique
Réalisation : Eli Craig
Musique : Marco Beltrami, Brandon Roberts et Marcus Trumpp
Scénario : Eli Craig
Avec Adam Scott, Evangeline Lilly, Bridget Everett, Owen Atlas, Clancy Brown et Tyler Labine

Synopsis : Gary qui vient juste de se marier avec Samantha, la femme de ses rêves, découvre que son fils de 6 ans pourrait être l’Antéchrist.

Ceux qui avaient appréciés Tucker & Dale attendaient avec impatience le retour de son réalisateur au cinéma. Du coup, même si son nouveau film, Little Evil, arrive par la petite porte, à savoir sur Netflix. Budget du coup réduit, liberté totale, Eli Craig, après avoir parodié les slashers, se lance dans une parodie des films avec les enfants du diable, La Malédiction en tête. C’est donc avec un grand plaisir, un optimisme immense et l’envie de me marrer que je me suis lancé dans la vision du dit film. Et en réalité, Little Evil tient clairement la route, surtout dans sa première moitié. Gary devient beau-père, il épouse Samantha sans vraiment connaître son fils. Il s’installe chez elle, et là tout dérape, il se rend compte que le fameux bambin qui va avoir 6 ans (le 6 Juin, forcément, 666) serait sans doute le fils du diable en personne. Simple, efficace, go pour la parodie. Et oui, comme je l’ai dit, pendant 45 minutes, ça fonctionne du tonnerre. C’est drôle, les clins d’œil sont nombreux (mais peut-être trop facilement identifiable), les acteurs sont pour beaucoup excellents, le tout va vite. Et surtout, le film joue encore un minimum sur le doute. Est-ce que notre magnifique petit bambin est vraiment l’antéchrist ? Avec un humour souvent ravageur, un Adam Scott souvent hilarant, une Bridget Everett dans le rôle d’une collègue de boulot lesbienne et « beau-père » également, Little Evil convînt totalement. Tout est fait pour nous brosser dans le sens du poil, on a en fait même l’impression que Gary est le seul personnage normal et rationnel et qu’il évolue dans un monde qui ne fonctionne plus, donnant des situations totalement décalée. Des événements étranges se déroulent autour du petit, et tout ce qui semble intéresser les autres personnages, c’est de savoir si Gary est un bon beau-père et s’il fait des efforts.

Même lorsque la prof de notre enfant va se jeter par la fenêtre devant ses élèves, on envoi le pauvre Gary suivre une thérapie de groupe pour beaux-pères au lieu de creuser là où le problème pourrait venir. Le film mélange alors le comique de situation, les quiproquos, et la parodie pure et dure de films connus. S’il n’est pas bien compliqué de trouver les scènes parodiant La Malédiction, il n’est pas le seul à être ici parodié. On trouvera par exemple des hommages à Poltergeist (le petit parlant devant sa télévision) ou même Shining (les deux jumelles). Pas très fin, pas très subtil, mais on rigole, tant que le film parvient à maintenir son équilibre entre comédie et horreur, tout en privilégiant bien entendu la comédie, puisque Little Evil, malgré des plans bien sanglants (et réussis) est une comédie. Comment devenir un bon beau-père lorsque le petit Lucas est l’antéchrist. Malheureusement, si pendant 45 minutes ça marche du tonnerre et que ça rappelle bel et bien Tucker & Dale, ça fonctionne beaucoup moins bien pendant les 45 minutes suivantes, sans pour autant être totalement mauvais. L’horreur et l’humour fonctionnent alors moins, comme si le filon s’épuisait en ne voulant parodier surtout qu’un film. Pourtant, Tucker & Dale, en parodiant le genre slasher, était dans la même veine. Mais ici ça prend moins. On aura beau nous sortir de nouveaux hommages et de nouvelles parodies (avec Rosemary’s Baby), on aura beau avoir un Clancy Brown (Highlander, Simetierre 2) en prêtre, rien à faire, la sauce ne prend plus vraiment passé la rencontre avec un tueur de démon. L’humour se fait alors plus gentil, l’horreur toujours aussi sage, et un nouvel ingrédient s’invite dans le métrage.

Malheureusement pour nous, ce nouvel ingrédient sera les bons sentiments. Là où je trouvais que Tucker & Dale s’épuisait aussi un poil lors de son final, il n’en restait pas moins un film qui gardait sa ligne directrice du début à la fin et donc respectait le cahier de charge du genre qu’il parodiait. Hors ici, comme si la parodie satanique ne suffisait pas, Eli Craig doit alors nous amener les bons sentiments. Étaient-ils présents dans Shining ? Dans La Malédiction ? Dans Rosemary’s Baby ? Bon peut-être un peu dans Poltergeist, mais les suites et la saga elle-même étant maudite, pas tant que ça. C’est en voulant respecter un des points de la Malédiction, ou même plutôt de La Malédiction 2 (donner un choix moral au petit), qui était d’ailleurs sur le papier une bonne idée, que Little Evil se casse totalement la gueule, part dans une direction plus mièvre et décevante, et ne parvient plus à maintenir un équilibre convaincant entre humour et horreur. L’humour plus si présent que ça, l’horreur pas convaincante, l’ensemble se fait prévisible, moins passionnant, et n’hésite alors plus ç faire appel à quelques effets numériques carrément beaucoup moins convaincants. Et c’est dommage, car ça commençait si bien. Soit Little Evil aurait dû être un court métrage, soit il aurait en réalité fallut emmener le film ailleurs dans sa seconde partie. Le résultat final est donc bancal, mais pas désagréable.

Les plus

Les 45 premières minutes
Les acteurs souvent excellents
Quelques moments bien drôles

Les moins

L’humour s’épuise
La seconde partie, objectivement beaucoup moins bonne

 

En bref : Malgré de bonnes intentions et une excellente première partie, Little Evil s’épuise beaucoup trop vite, si bien que sa seconde partie n’est pas franchement convaincante, et délaisse même l’humour au profit des bons sentiments. Dommage.

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