HAUTE TRAHISON (Shadow Conspiracy) de George P. Cosmatos (1997)

HAUTE TRAHISON

Titre Original : Shadow Conspiracy
1997 – Etats Unis
Genre : Thriller
Durée : 1h43
Réalisation : George P. Cosmatos
Musique : Bruce Broughton
Scénario : Adi Hasak et Ric Gibbs

Avec Charlie Sheen, Donald Sutherland, Linda Hamilton, Stephen Lang, Ben Gazzara, Nicholas Turturro, Stanley Anderson, Theodore Bikel, Charles Cioffi et Paul Gleason

Synopsis : Jeune conseiller à la Maison-Blanche, Bobby Bishop apprend de la bouche de l’un de ses anciens professeurs, Yuri Pochenko, qu’un traître s’est infiltré dans l’entourage du président. Mais Yuri meurt assassiné avant d’avoir pu lui révéler l’identité de l’homme en question. Bobby entame alors une course contre la montre pour sauver la vie du président.

George P. (pour Pan) Cosmatos, c’est un réalisateur né en Italie qui aura eu sa reconnaissance en allant tourner en Amérique, pour des films peu subtils, mais néanmoins carrés, explosifs, et techniquement solides. Une carrière assez étrange dans le fond, puisque si ses films sont connus, voire reconnus, il n’en aura pas livré tant que ça. D’Origine Inconnue en 1983, mettant en vedette Peter Weller, puis il fonce dans l’action pure pour signer deux films avec Stallone, Rambo 2 puis Cobra, en 1985 et 1986. Puis en 1989, il s’engouffre dans la brèche des films de monstres sous-marins avec Leviathan, le budget le plus confortable pour les films de ce genre. Et enfin, en 1993, il remplace le réalisateur original de Tombstone. Du coup, malgré l’aspect souvent bourrin de sa carrière, il aura signé deux films de monstres, les deux avec Peter Weller en plus, deux films d’action, et un western, le tout en 10 ans. Pourtant, après Tombstone, Cosmatos signa un autre film, le dernier de sa carrière, souvent oublié, qui fut un four au box-office (45 millions de budget, 2 millions au box-office) Encore une fois, il s’entoure d’un casting plus que solide en plus, avec Charlie Sheen en conseiller du président, Donald Sutherland en politicien, Linda Hamilton en journaliste et Stephen Lang en tueur qui ne dira pas un mot de tout le film, mais qui aime tuer. Un thriller politique, ou comme l’indique le titre original, un thriller sur une conspiration politique. Il faut dire en tout cas que la promo du film n’a pas dû aider, car si on ne sait pas réellement ce qu’il s’est passé en coulisses, Linda Hamilton et Charlie Sheen ne portent pas le film dans leur cœur, et ils ne se sont pas gênés pour le faire savoir publiquement, la première disant que le film était moyen, voire mauvais, et le second indiquant clairement qu’il déteste le film. Pourquoi tant de haine ?

Surtout que le premier gros souci du film, c’est son scénario, et donc, en théorie, le premier élément qu’un acteur connait du film avant de signer son contrat. Qu’importe, ici, on ne juge que le produit terminé, même si parfois la production peut nous en dire long sur le résultat final. Et Haute Trahison, ne passons pas par 50 chemins, ce n’est en effet pas très bon. Mais ça reste, grâce à un rythme effréné et grâce à Cosmatos, qui sait bien gérer l’action, plutôt solide et regardable. Alors Haute Trahison, c’est dans la veine de beaucoup de thrillers de l’époque, qui jouaient la carte du complot, du gouvernement qui a des conflits entre ses membres, et de la traque sans relâche du personnage principal. Rien de franchement original donc. Mais son plus gros défaut, qui est en réalité difficile à pointer spécifiquement du doigt, c’est qu’aussi efficace Cosmatos veut que son film soit, avec une course poursuite sans relâche pour Charlie Sheen, ça coince quand le personnage met une heure à comprendre enfin qui est son réel ennemi, alors que le spectateur lui l’a deviné dès les premiers instants du métrage. Est-ce que la faute au casting de l’acteur en question, qui ne laisse pas planer le doute bien longtemps ? Ou juste de l’écriture du scénario, bien trop évident ? Ou peut-être tout simplement un mix des deux ? C’est sans doute plus ça, le mix d’éléments bien trop évidents pour faire planer un quelconque suspense sur le métrage. Adieu donc le suspense, les doutes, et pendant la première heure, alors que l’on a un train d’avance sur les personnages, on ne peut alors compter que sur l’efficacité du film pour nous porter un minimum. Et heureusement, à ce niveau, Cosmatos sait y faire, et du coup jamais son film n’est franchement désagréable. Sheen passe tout le film pourchassé, et donc, il court, évite les balles, fuit, et ça fonctionne.

Surtout qu’il est chassé par un tueur, joué par Stephen Lang, qui décidemment, est toujours dangereux peu importe le film où il joue. Ici, pas une seule ligne de dialogue, il est juste un tueur qui n’est là que pour accomplir son but, tuer. Et il faut avouer que pour un tueur censé être doué, et donc, censé être efficace, la discrétion, ce n’est pas son fort, puisqu’il bute des gens en public, que techniquement des centaines de témoins pourraient l’identifier, et qu’en prime, il se montre brutal à un point que ça en devient parfois amusant. Voilà, jamais désagréable, mais sans surprises, et se prenant sans doute plus intelligent qu’il ne l’est réellement, ce sont les qualités et défauts d’un film qui ne laisse jamais le temps de souffler, mais qui croit que l’on se laisse berner comme Charlie Sheen par le scénario. Une fois le twist révélé, le film prend une autre voie tout aussi balisée, celle du président en danger que notre vaillant héros va tenter de protéger. Oui, encore une fois, ce scénario respire l’originalité. Mais là aussi, entre ses tentatives de meurtres, un Stephen Lang un peu fifou qui utilise un hélicoptère télécommandé pour butter tout le monde, et une course poursuite dans les tunnels du métro, jamais Haute Trahison n’est désagréable à regarder ni même chiant. Juste hautement prévisible, avec un scénario simpliste. Entre les mains d’un réalisateur peu expérimenté et avec des acteurs de seconde zone, nul doute que Haute Trahison n’aurait été qu’un navet de plus, un film aux allures de DTV. En l’état, là, il n’est pas franchement bon, vu qu’il rate ses ambitions premières, mais il demeure malgré tout efficace, et donc, regardable.

Les plus

Un bon cast (Sheen, Sutherland, Hamilton, Lang)
Stephen Lang en tueur qui ne parle jamais
Un rythme endiablé

Les moins

La révélation, que l’on voit venir une heure avant
Un scénario pas si malin que ça
Un thriller banal de son époque

En bref : Haute Trahison, le dernier film de George P. Cosmatos, n’est pas un grand film, et son équipe le savait. Mais même s’il échoue lamentablement niveau suspense, il demeure malgré tout une course poursuite quasi constante hyper efficace.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A good cast (Sheen, Sutherland, Hamilton, Lang)
♥ Stephen Lang as the mute killer
♥ It just never stops
⊗ The twist, you can guess it almost from the start
⊗ The script is far from being clever
⊗ A simple thriller from that era
Shadow Conspiracy, George P. Cosmatos’ last film, is not great, and everyone knew it. Even if it fails as a thriller (there is no tension, no suspense), it’s watchable as it’s effective.

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