CONAN LE DESTRUCTEUR (Conan The Destroyer) de Richard Fleischer (1984)

CONAN LE DESTRUCTEUR

Titre Original : Conan the Destroyer
1984 – Etats Unis
Genre : Aventures
Durée : 1h43
Réalisation : Richard Fleischer
Musique : Basil Poldeouris
Scénario : Stanley Mann

Avec Arnold Schwarzenegger, Grace Jones, Wilt Chamberlain, Mako, Tracey Walker, Olivia d’Abo, Sarah Douglas, Pat Roach, Jeff Corey, Sven-Ole Thorsen et Bruce Fleischer

Synopsis : Porté par la promesse de la résurrection de sa bien-aimée, Conan accepte de donner satisfaction à la reine Taramis en escortant la princesse Jehnna vers le temple du dieu Dagoth dont elle seule peut prélever la corne magique. Accompagné d’Akiro le sorcier et de Malak le voleur, rejoint par une redoutable guerrière et escorté par Bombaata, le chef de la garde rapprochée de Taramis, Conan s’engage en territoire hostile, de nombreux ennemis se dressant sur sa route. Il ignore alors que la reine n’a nullement l’intention de tenir sa promesse, son seul but étant d’offrir la princesse en sacrifice aux forces du mal afin d’accroître sa puissance. Trahi, Conan n’entend pas en rester là…

Conan le Barbare, c’est culte, c’est sombre, c’est violent, c’est très bien, même pour quelqu’un comme moi qui n’apprécie pas forcément l’héroic fantasy au cinéma. Un film qui doit beaucoup au réalisateur, John Milius, qui aura travaillé sur des scénarios tels que Magnum Force ou Apocalypse Now, mais aussi à son scénariste, Oliver Stone, pas encore le réalisateur que l’on connait aujourd’hui, mais scénariste réputé, qui enchainait les grands scripts comme Midnight Express, Conan le Barbare donc, puis Scarface (de De Palma) et L’Année du Dragon (de Cimino). Sans oublier l’incroyable musique de Basil Poledouris, qui n’était pas encore connu pour Robocop. Puis il y avait le casting, avec le premier grand rôle au cinéma d’Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones en méchant, Max von Sydow. Avec 20 millions de budget, le film en avait rapporté 68 dans le monde. Evidemment, Dino De Laurentiis et Edward Pressman, les producteurs (crédités ou non) ne pouvaient en rester là et l’idée d’une suite fut rapidement là. Mais une suite plus grand public, moins sombre, plus légère. Donc forcément, adieu John Milius, adieu Oliver Stone. Basil Poledouris reste à la musique, mais les grands postes changent, Richard Fleischer récupérant le poste de réalisateur. Ce qui, en 1984, n’était pas forcément bon signe, puisque pour rappel, le réalisateur sortait de la production d’Amityville 3D, qui reste encore aujourd’hui un bien mauvais opus dans une saga qui de toute façon ne vole déjà pas bien haut. Quand au scénario, plusieurs scénaristes participent, mais seul Stanley Mann sera crédité. Un scénariste qui avait débuté dans les années 50, et toujours bien actif à cette époque, pour des films souvent pas honteux, bien que loin d’être mémorables, notamment le second film La Malédiction, ou Firestarter en 1984 également, l’adaptation du roman de Stephen King. Et Conan le Destructeur donc, c’est… regardable.

Loin, très loin des fulgurances du premier film, loin d’être aussi bien rodé, marquant, sombre, épique, mais qui a encore par moment malgré un gros côté kitch, quelques beaux restes, avec de gigantesques décors, et une envie de livrer une aventure rythmée, pleine d’action, de lieux différents, et de pleins de personnages qui vont rejoindre Conan dans l’aventure. A tel point que l’ironie, c’est que si Conan le Destructeur avait été produit en 2026, on aurait aisément crié au scandale en voyant l’équipe multiculturelle de Conan. Car en plus d’avoir, oui, un sorcier forcément asiatique (Mako), une guerrière indigène forcément noire (Grace Jones), un grand barbu hyper baraqué (et en vrai, incroybalement grand, même face à Schwarzenegger), et une princesse blonde à protéger (Olivia d’Abo dans son deuxième rôle au cinéma après le polémique, et problématique Bolero où elle apparaît nue, à 14 ans, la même année), le film ne fait jamais rien de ses personnages. Conan avance avec son équipe vers son objectif, recrutant un peu tout ceux qui lui tombent sous la main, mais jamais personne ne sera vraiment développé, et ils ne seront en réalité là que pour agrandir le groupe, et voir leurs pouvoirs (ou techniques de combat) ne devenir utile qu’une seule et unique fois dans le métrage pour débloquer une situation. Alors oui, d’entrée de jeu, ce second opus Conan déçoit déjà face à un scénario simpliste, ultra prévisible, avec peu de rebondissements, ultra prévisibles eux aussi en prime, et des personnages vides, sans aucune substance quelconque. La princesse blonde doit être protégée, la magie du sorcier est souvent inutile sauf lors d’une unique scène où elle permet au groupe de fuir un danger, et il y a un traitre dans le groupe, que l’on devine très rapidement. Certains dirons que c’est un aspect très années 80 du film, mais en réalité, c’est souvent plus une conséquence des productions De Laurentiis de l’époque (Dune était tourné en même temps), avec des producteurs plus intéressés par la rentabilité possible (durée à ne pas dépasser, envie de PG-13) que la logique de l’univers en place.

Surtout, un peu comme Dune d’ailleurs (et ce même si j’adore le Dune de Lynch), mais Conan le Destructeur, quand il veut impressionner, chute dans le kitch. A plusieurs reprises, le métrage met quelques créatures fantastiques en avant, et se plante, soit par ridicule (le monstre de la salle des miroirs), par car bien trop statique (le monstre final). Mais ceci dit, tout n’est pas à jeter, et aussi décevant et bancal soit le film, Conan le Destructeur se regarde. Non pas pour son histoire, ou ses personnages, ou ses créatures, mais bien pour son rythme de croisière et sa générosité, l’aventure amenant les personnages dans des grottes, des plaines, des villes, des palais de glace, face à des sorciers, des cultes, des créatures fantastiques, des voleurs, des gouvernements corrompus. Rien de nouveau, et le tout sous un ton assez léger (peu de violence graphique, pas de nudité, pas de prise de risque quelconque), mais qui fonctionne, car autant le film se plante parfois dans le kitch, dans sa folie des grandeurs, autant on ne peut pas dire qu’il se moque de nous sur d’autres éléments, avec des décors réels gigantesques, une photographie agréable à l’œil, des scènes d’action assez fréquentes (bien que pas toujours top). De plus, si les personnages sont à peine écrits, on ne peut pas non plus cracher sur le casting, avec Schwarzenegger toujours impressionnant à l’écran (la même année que Terminator), Grace Jones totalement investie, Wilt Chamberlain imposant et donc parfois intimidant. Ils font en fait tous ce qu’on leur demande, dans l’action, ou à côté. Heureusement, seul bon point qui mettra tout le monde d’accord, il y a Basil Poledouris toujours à la musique, qui signe une partition dans la lignée du premier film, et reprendra même certains thèmes cultes. Il est à la fois facile de détester Conan le Destructeur, pour ce qu’il représente, pour ce qu’il est, mais ce serait être mauvaise langue et renier aussi les quelques réussites qu’il a pour lui. C’est bancal, c’est kitch, c’est décevant, mais oui c’est regardable et pas intégralement mauvais pour autant.

Les plus

Un casting qui a de la gueule à l’écran
Une certaine générosité
Rythmé et donc un divertissement regardable
De gros décors, des créatures, des effets partout

Les moins

Une intrigue prévisible qui se déroule sans accrocs
Des personnages tout simplement vides
Des créatures souvent très kitch
Où sont l’atmosphère et la noirceur ?

En bref : Conan le Destructeur, sur beaucoup de points, n’est pas bon, et est surtout une suite ultra décevante. En étant pas très regardant par contre sur certains points, on passe malgré tout un bon moment, avec une aventure kitch et prévisible, mais divertissante.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A good cast on screen
♥ It’s generous
♥ A good pacing, and a watchable film
♥ Big sets, creatures, effects everywhere
⊗ Such a predictable journey
⊗ Empty characters
⊗ The creatures are often kitch, cheap
⊗ Where is the atmosphere? The Dark mood?
Conan the Destroyed, on many levels, is not good, and is, more important, a disappointing sequel. But, if you’re not looking for a great film, it’s entertaining, with a kitch and predictable adventure.

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