DEEP WATER de Renny Harlin (2026)

DEEP WATER

Titre Original : Deep Water
2026 – Etats Unis / Chine / Espagne
Genre : Suspense
Durée : 1h46
Réalisation : Renny Harlin
Musique : Fernando Velázquez
Scénario : Pete Bridges, Shayne Armstrong, S.P. Krause, Damien Power, John Kim et Dan Luo

Avec Aaron Eckhart, Ben Kingsley, Angus Sampson, Lucy Barrett, Richard Crouchley, Molly Belle Wright, Li Wenhan, Rosie Zhao, Nashi et Lakota Johnson

Synopsis : Un groupe de passagers internationaux en route de Los Angeles à Shanghai est contraint d’effectuer un atterrissage d’urgence dans des eaux infestées de requins. Ils doivent alors surmonter la frénésie des requins en maraude.

A défaut de faire des films toujours passionnants, c’est sa carrière en elle-même qui est passionnante, au Renny Harlin. Repéré dans les années 80 avec des séries B horrifiques plus que solides (Prison, Le Cauchemar de Freddy), il passera avec succès les années 90 en se focalisant sur les séries B d’action, souvent bourrines, peu subtiles, mais hautement efficaces, avec son 58 Minutes pour Vivre et Cliffangher, respectivement avec Bruce Willis et Sylvester Stallone. Mais dans la seconde moitié des années 90, il enchaîne les gros échecs au box-office qui viennent calmer sa carrière. Il semble alors, sans changer son fusil d’épaule, accepter un peu tout ce qu’on lui propose dans les années 2000, ce qui donne parfois d’honnêtes thrillers comme Mindhunters, et souvent de bien mauvais films, comme sa version de la préquelle de L’Exorciste, ou Driven, encore avec Stallone. Après des années de galère ceci dit assez variées (il livrera un actionneur bourrin avec Dwayne Johnson, mais aussi un found footage sur un fait réel survenu en Russie), le réalisateur s’exile alors quelques années en Chine, livrant quelques films mineurs, mais quelques films potables aussi, comme Bodies at Rest, thriller efficace dans une morgue. On pensait qu’il avait trouvé sa voie, même si du coup son cinéma était devenu invisible pour le grand public peu curieux, mais voilà qu’en 2023, Renny Harlin est revenu en Amérique pour y tourner d’un coup une trilogie, ce qui aura donné l’échec de The Strangers. Un échec même énorme pour le dernier opus, si grand qu’il devient un DTV dans beaucoup de pays. Ça ne va ceci dit pas l’arrêter, et on en arrive donc à son dernier métrage, où avec un budget de 40 millions de dollars, une belle somme pour le genre, Renny Harlin revient au film de requin, ce qui reste sans doute aujourd’hui, même si son métrage est un peu con, son dernier succès critique et public. Peur Bleue, Deep Blue Sea en VO, c’était en 1999. Est-ce que Deep Water en 2026 fonctionne ?

C’est compliqué, mais il est encore passionnant de voir que si Renny Harlin parvient à continuer de tourner, et revient au film de requins avec un budget quasi suicidaire aujourd’hui quand on voit que les rares succès du genre sont des films minimalistes à bas budget (The Shallows et son budget de 17 millions pour 119 au box-office, 47 Meters Down et son minuscule budget de 5 millions, pour 62 au box-office), il le fait avec une armée de producteurs aux commandes, une quarantaine tout de même, et que le film est coproduit par la Chine où il s’était donc exilé durant des années, ce qui explique le casting moitié Chinois, l’avion de Los Angeles à Shanghai, et que c’est un brave bateau de pêcheurs Chinois qui viendra à la rescousse de nos personnages. Le concept, il est simple, et on l’avait déjà eu il y a deux ans dans No Way Up de Claudio Fäh. Un mix entre le film catastrophe avec un crash d’avion, qui se crashe donc, pas de bol, en plein océan, là où des requins assez gourmands attendent avec impatience que les survivants mettent un pied dans l’eau. Et malgré son échec cuisant au box-office (environ 4 millions récoltés, même en étant nul en maths, c’est pas bon), Deep Water n’est pas un film honteux. Son problème, c’est que malgré sa générosité, et le fait que Renny Harlin soit toujours un technicien appliqué, on ne pourra jamais lui retirer, son film garde les vestiges de ce que les années 90 faisaient de pire. Quitte à faire un film à l’ancienne, autant conserver le meilleur. Pas étonnant donc, on se retrouve avec des personnages pour la plupart détestables, que l’on a juste envie de voir crever, sauf que le film fait durer le suspense (enfin, non) et préfère tuer les rares personnages bons en premier. Son autre souci, son autre vestige hérité des années 90, c’est sa facilité à sortir les violons dès qu’il y a un peu d’émotions, un personnage censé mort qui est en fait retrouvé vivant. Et ça, le film le fait souvent, nous sortir les violons, surtout quand dans nos personnages, on a notre capitaine joué par Aaron Eckhart qui veut rentrer pour retrouver sa famille, un chef d’équipe de sport Chinois qui craque pour une des joueuses, et aussi une gamine séparée dès le départ de ses parents et de son petit frère.

Alors de toute façon, on se doutait très bien que ce n’est pas sur ça que le film brillerait, s’il devait au moins briller sur certains points. Ni sur ses personnages, ni sur son émotion, ni sur sa situation initiale, que l’on voit venir de très très longues minutes avant l’embarquement tant Harlin insiste lourdement sur l’élément qui viendra amener le drame. Heureusement oui, comme je le disais, Harlin est toujours un bon technicien, et que ce soit au niveau de sa catastrophe aérienne, bien fichue et avec quelques coups qui font bien mal (aux personnages hein), ou de ses nombreuses attaques de requins, Deep Water fait là plutôt honorablement le job. Même dans un sens mieux que Deep Blue Sea, puisqu’il reste ici terre-à-terre (de simples requins, pas d’expériences scientifiques). 2026 oblige, il a beau laisser de côté les animatroniques pour les requins tout en CGI, c’est là qu’on sent le budget du film, car les squales sont convaincants, autant quand ils nagent tranquillement que lorsqu’ils attaquent et viennent arracher un membre ou deux. Durant les moments d’attaques, Deep Water redevient alors ce simple plaisir de série B, sans doute un peu coupable certes, mais qui fait plaisir, qui ne cherche à rien raconter de particulier, qui ne vient jamais nous faire de leçon de morale (sauf peut-être que le plus gros connard à bord finira par mourir, mais ce n’est pas une morale, c’est un retour de bâton mérité), et qui ne cherche qu’à divertir son audience de manière honnête. Et si la foule ne s’est pas déplacée pour voir le film en salles, et bien le peu l’ayant vu sont au final assez cléments envers le résultat final, preuve en tout cas que ça paye. Quand un film ne se prend pas pour plus malin qu’il ne l’est et nous livre juste ce qu’il nous vendait, à savoir un crash d’avion et des requins, le public est clément. La vraie question qui perdure par contre, c’est la présence de Aaron Eckhart et Ben Kingsley dans la cabine de pilotage, tant à la base, voilà bien deux acteurs normalement éloignés de ce cinéma bis, bien qu’y ayant déjà placé les pieds.

Les plus

Une série B techniquement solide
Les squales en CGI étonnement bien faits
Honnête dans sa proposition
Ça se regarde, c’est divertissant

Les moins

Beaucoup de personnages détestables
Les violons qui sortent souvent
Alors oui, c’est du bis, et même une proposition primaire

En bref : Deep Water délivre exactement ce qu’on attendait de lui, du bis à l’ancienne. Pas subtil, pas toujours bien écrit, mais généreux, rythmé, techniquement solide.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A technically strong B movie
♥ The sharks, using CGI, are well made
♥ An honest proposition
♥ It’s clearly watchable and entertaining
⊗ Lots of characters are hard to like
⊗ The emotion is so bad
⊗ Yes, it’s a B movie
Deep Water delivers exactly what you could expect from it, good old B movie, old fashion. Not subtle, not always well written, but generous, with a good pacing and technically well done.

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