PORTRAIT ET INTERVIEW EXCLUSIVE DE MOON LEE CHOI-FUNG

Pour une fois, je vous ai prévu quelque chose de totalement différent ici ! Vous avez bien du remarquer depuis début Mars que j’avais publié avec un rythme plus soutenu que d’habitude de nombreuses chroniques de films HK datant des années 80 et début 90. Bon et bien, outre le fait que forcément, comme beaucoup, cette période de leur industrie reste un grand moment, entre les productions Golden Harvest, les films de Jackie Chan, les polars qui débarquent après le succès du Syndicat du Crime (A Better Tomorrow en 1986), la naissance de sous-genre comme le Ghost Kung Fu Comedy (initié par L’Exorciste Chinois en 1980 et popularisé en 1985 par Mr Vampire) ou le Girls With Guns (plus ou moins initié en 1985 par Yes Madam, soit Le Sens du Devoir 2 chez nous, et trouvant sa formule avec Angel en 1987), forcément, il y a de quoi aimer cette période et être nostalgique. Surtout lorsque l’on voit que les années 80 (et fin 70) sont la naissance de beaucoup d’artistes cultes comme Tsui Hark, Ringo Lam, John Woo. Et certains moins glorieux comme Stanley Tong ou bien Godfrey Ho. Mais voilà, tout ça, ce n’était pas juste par envie de mettre en avant ce cinéma, même si un peu aussi ! C’était aussi pour vous préparer à ce jour, à cet article très longuement préparé, qui a demandé beaucoup de recherches, beaucoup de temps, beaucoup de films à trouver, à acheter, à voir, à décortiquer, et aussi beaucoup de patience et de chance pour parvenir (en réalité, en seulement quelques jours) a être en contact avec l’actrice Moon Lee Choi-Fung, plus connue sous le simple nom de Moon Lee, star du genre Girls With Guns donc, avec bien la moitié de sa filmographie dédiée au genre, et environ 40 films entre 1983 et 1996. Une actrice et danseuse adorable, au grand coeur, qui a accepté de répondre avec enthousiasme à mes nombreuses questions sur l’ensemble de sa carrière, même si je me suis modéré sinon l’interview aurait été prête dans 5 ans !


  1. Introduction
  2. Portrait de Moon Lee Choi-Fung
  3. Filmographie
  4. Les chroniques disponibles
  5. Interview traduite en Français
  6. Interview originale en Anglais (Interview in English)

Portrait de Moon Lee Choi-Fung

De 6 à 12 ans, Lee vivait à Kaohsiung, Taïwan, avec son père, qui travaillait là-bas. Elle apprit le Mandarin là-bas et commença le piano et la danse. Quand elle retourna à Hong Kong pour le collège, son Cantonais n’était pas parfait. À 15 ans, elle se fit remarquer par un réalisateur de télévision durant une performance. Elle fut recommendée pour jouer un rôle dans une série télévisée. Comme la série ne demandait pas trop de temps et qu’elle pouvait continuer d’étudier, ses parents acceptérent. Mais elle impressionna par son jeu et ainsi débuta sa carrière d’actrice. Comme elle pratiquait la danse depuis l’enfance, c’était facile pour elle de jouer dans des films d’action, grâce à son agilité et sa flexibilité.

À 18 ans, après avoir terminé le lycée, Lee signe un contrat avec Asia Television et Golden Harvest. Elle est envoyée au Japon pour une publicité, et elle choisit son nom de scène Anglais « Moon« , proche de la prononciation Cantonaise de « Mun ».

Elle continua à jouer pour la télévision, dans des séries contenant plus de 400 épisodes, et participa à quelques énormes succès commerciaux comme Zu (Tsui Hark, 1983) et Mr Vampire (Ricky Lau, 1985) avant de jouer en 1987 dans Angel (Teresa Woo, 1987), ce qui lança le genre du Girls With Guns, et elle en devint le principal visage, aux côtés d’Ôshima Yukari, Sibelle Hu et Cynthia Khan, avec lesquelles elle tourna de nombreuses fois. Elle continua jusqu’à la fin des années 90, où elle délaissa finalement le monde du cinéma pour continuer sa passion pour la danse et créer sa propre école de danse. Ses étudiants ont gagnés des prix dans des compétitions.


Filmographie

1981 – To Sir With Troubles de Wong Wa-Kei
1983 – Zu : Les Guerriers de la Montagne Magique de Tsui Hark
1983 – Le Gagnant de Sammo Hung
1983 – The Champions de Brandy Yuen
1985 – Those Merry Souls de Lau Kar-Wing
1985 – Le Retour du Chinois de James Glickenhaus
1985 – Le Flic de Hong Kong 2 de Sammo Hung
1985 – Mr Vampire de Ricky Lau
1986 – Le Retour de Mr Vampire de Ricky Lau
1986 – The Story of Dr Sun Yat Sen de Ting Shan-Hsi
1987 – Angel de Teresa Woo
1988 – Angel 2 de Teresa Woo
1988 – Midnight Whispers de Michael Mak et David Lai
1989 – Killer Angels de Tony Liu
1989 – Devil Hunters de Tony Liu
1989 – Angel 3 de Teresa Woo
1989 – Princess Madam de Godfrey Ho
1990 – Fatal Termination de Andrew Kam
1990 – The Revenge of Angel de Richard Yeung
1990 – New Kids in Town de Lau Kar-Yung
1990 – The Nocturnal Demon de Ricky Lau
1991 – Dreaming the Reality de Tony Liu
1991 – Angel Force de Hua Shan
1991 – Bury Me High de Tsui Siu-Ming
1991 – Mission of Condor de Lee Chiu
1991 – To Catch a Thief de Andy Chin
1992 – Secret Police de Yiu Tin-Hung
1992 – Mission of Justice de Tony Liu
1992 – Kickboxer’s Tears de Sam Daat-Wai
1992 – The Big Deal de Tony Liu
1992 – Inspector Wears Skirts IV de Wellson Chin
1993 – Beauty Investigator de Lee Tso-Nam
1993 – Angel Terminators 2 de Tony Liu
1993 – Angel’s Project de Cheung Ho-Tak
1993 – A Serious Shock! Yes Madam! de Albert Lai
1993 – The Avenging Quartet de Stanley Siu Wing
1995 – Little Heroes Lost in China de Allen Lan
2005 – Dragon Get Angry (TV) de Tsui Siu-Ming
2008 – Only the Way de Dang Tak-Wing


Les Chroniques Disponibles sur le site

Vous connaissez le topo, cliquez sur la pochette pour accéder à la chronique correspondante. Et oui, je triche, certaines ne sont pas encore en ligne, mais ça arrive dans les prochains jours promis !


Interview Exclusive traduite en Français

Moon Lee dans « The Champions » de Brandy Yuen (1983)

Peux tu nous en dire plus sur ton enfance ? Quel genre d’enfant étais-tu ? Étais-tu intéressée déjà par la danse où est-ce venu plus tard ?

Je suis née à Hong Kong, quand j’ai eu 6 ans je suis partie à Taiwan et j’ai étudiée là-bas pendant six ans. À neuf ans, j’ai commencé à jouer du piano. Quand j’étais petite, j’aimais beaucoup les arts et je voulais devenir une musicienne. En sixième, j’ai commencé la danse, et j’ai vraiment adoré ça. Mais peu de temps après, je suis revenue vivre à Hong Kong. Danser a toujours été un hobby pour moi depuis que j’étais petite, et ça l’est toujours aujourd’hui.

Si je me souviens bien, tu as été repérée durant une représentation ? As tu dis oui immédiatement ? Étais-tu attirée par l’industrie du cinéma ?

Quand j’avais 15 ans, j’ai participé à une performance pour l’école de danse, et un réalisateur de télévision m’a vu et a pensé que je conviendrais pour jouer un rôle dans un drama télévisé, et m’a demandé ensuite si j’étais intéressé pour être actrice. À ce moment là, ça allait être les vacances d’été, donc je me suis dis que je pourrais essayer et j’ai accepté. Depuis, je suis une actrice !

Moon Lee dans « Zu : Les Guerriers de la Montagne Magique » de Tsui Hark (1983)

Un de tes premiers crédits est Zu : Les Guerriers de la Montagne Magique, en 1983, réalisé par Tsui Hark. Comment es-tu arrivée sur ce projet ? Le tournage était-il facile ? Des souvenirs fun ?

Zu est le tout premier film dans lequel j’ai joué. Ils m’ont demandé de participer à un essai filmé, et décidés que je convenais pour le rôle. À cette époque, j’étais toujours à l’école. Donc, après l’école, je me rendais sur les lieux de tournage. Ce film peut être considéré comme le premier film « technologiquement avancé » de Hong Kong, donc le temps d’attente entre les plans était très long. Le film a beaucoup de grands acteurs et actrices. Au début, je me sentais submergée, mais peu de temps après, chaque jour était rafraichissant et intéressant. Comme je l’ai dis avant, ce film était le premier film technologiquement avancé de Hong Kong et a donc fait sensation. Vu que tout le monde était des divinités dans le film, tout le monde devait voler dans les airs. Nous utilisions des câbles, ce qui impliquait généralement des systèmes de câbles et de poulies attachés à un harnais que nous portions sous notre costume. Au début, nous pensions tous que ça serait très amusant, mais nous nous sommes vite rendu compte que ce n’était pas du tout le cas. Le harnais nous serrait si fort que nous avions même de nombreux bleus. Bien que le « wire fu » ait l’air très amusant, en pratique ce n’était pas le cas.

Moon Lee et Yuen Biao dans « Le Gagnant » de Sammo Hung (1983)

Tu es ensuite apparue dans plusieurs films de Sammo Hung et Jackie Chan au début des années 80. Comment t’es tu retrouvée sur ses productions ?

J’avais déjà signée en fait avec Golden Harvest Films. À cette époque, j’étais une des premières actrices à avoir signé avec eux. Jackie Chan et Sammo Hung étaient déjà de grandes stars et réalisateurs pour cette compagnie. Lorsque la société s’est également arrangée pour que je sois invitée dans la production, j’étais heureuse de faire partie d’une production de ce genre. Je me suis dit que j’avais beaucoup de chance d’avoir une telle opportunité.

Moon Lee charmante dans « Mr Vampire » de Ricky Lau (1985)

En 1985, tu as travaillé sur le célèbre Mr Vampire. Comment t’es tu retrouvée sur ce projet ? Comment était le tournage ?

Ce film a aussi été produit par Golden Harvest. J’ai reçue les feuilles sur mon personnage et avec mes dialogues mais au départ je ne comprenais pas vraiment ce qu’était l’histoire parce qu’il n’y avait pas de script concret. Je n’avais qu’une vague petite idée de mon rôle et je savais que ce serait un film de zombies. À chaque fois que je tournais, le réalisateur venait me donner quelques feuilles de papier, me disant quoi tourner. Ce fut plus tard connu comme étant la méthode de tournage fragmentée. L’intégralité du scénario était découpé et le résultat et les effets comiques se sont avérés très bons. Le film a d’ailleurs fini par battre des records au box office, non seulement à Hong Kong, mais aussi à Taïwan. Le film a plutôt bien marché sur le marché de l’Asie du Sud Est. Il a même déclenché une vague de films de zombies au Japon. Les acteurs de ce film étaient très drôles, ils avaient tous un effet comique. Souvent, les acteurs sur le plateau aimaient plaisanter tout en travaillant très dur. J’ai eu beaucoup de plaisir également sur ce plateau.
Laisse moi te parler un peu des caractéristiques de la production cinématographique à Hong Kong à cette époque. Généralement, il n’y avait pas de script complet, juste la direction générale du projet. Ensuite le scénariste concevait les scènes basiques et était suivi par un collectif de création. Vu que la comédie nécessite différentes personnes pour créer des segments comiques, chaque scène devait être changée ou montée. Il était difficile de fournir un scénario solide que tout le monde pouvait suivre. Ça nous permettait une immense créativité mais aussi de très longues heures de travail vu que personne ne savait quand le tournage se terminerait.

Ôshima Yukari et Moon Lee dans le premier « Angel » de Teresa Woo (1987)

C’est juste après que tu es devenue le visage principal du Girls with Guns, avec le premier Angel réalisé par Teresa Woo. Comment en es-tu arrivée là ?

Angel était mon premier film d’action. À l’époque, mon contrat de deux ans avec la Golden Harvest venait d’expirer. J’avais l’impression que la Golden ne réutilisait que les acteurs masculins et du coup, je pensais ne plus avoir d’opportunités pour me développer chez eux. Au même moment, Molesworth Limited Productions venait de se créer et voulait trouver des actrices d’action. On m’a demandé de signer un contrat pour deux ans et c’est ce que je suis devenue, une actrice de films d’action. La réalisatrice Woo (Teresa) s’est arrangée pour que des professionnels m’entrainent. Avec un entrainement difficile et de la détermination, le résultat du tournage fut plutôt bon. Depuis, je suis devenue une actrice d’action et j’ai tourné énormément de films d’action.

Quel genre d’entrainement était-ce ?

Durant la plupart de mon temps libre, des professionnels m’entrainaient. Il y avait beaucoup d’entrainement physique, suivi ensuite par un entrainement aux arts martiaux. La plupart du temps, tout commençait par des étirements basiques, puis en fonction du jour, nous travaillions nos jambes et coups de pieds, la gymnastique, les arts martiaux Chinois, et enfin, de nombreuses armes Chinoises. En gros, je devais apprendre absolument tout pour être sûre que ma performance serait à son sommet.

Moon Lee et Sibelle Hu dans « Angel’s Project » (1993) qui fut tourné en Malaisie

Et c’était le cas, crois moi ! Pour ces projets, tu partais souvent tourner dans d’autres pays comme la Malaisie ou les Philippines. Comment était-ce de toujours voyager pour le travail ?

Nous avons commencés à tourner dans les pays d’Asie du Sud Est pour augmenter le côté unique de nos films en utilisant des lieux différents, des cultures différentes. Malheureusement, pour moi, la plupart des endroits où je suis partie étaient comme la Malaisie ou la Thaïlande, des endroits très tropicaux. Cela rendait les tournages très difficiles pour moi car en plus de la fatigue physique que nous avions tous les jours, la chaleur et l’humidité augmentaient également notre fatigue. Du coup, durant la plupart de mon temps libre, je restais à l’hôtel et je n’étais pas franchement d’humeur à visiter.

La fameuse cascade en haut d’un arbre qui explose dans « Angel 2 » (1988)

Certaines rumeurs persistantes disent que Stanley Tong aurait été le vrai réalisateur d’Angel 2 et 3. Qu’est ce que tu te rappelles du tournage de ces films ?

Stanley Tong était le réalisateur exécutif sur Angel 2. Sur Angel 3, le réalisateur exécutif et réalisateur des scènes d’action était principalement Tang Tak Wing. Il y avait un plan dans Angel 2 où Stanley Tong m’a demandé d’être en haut d’un arbre qui faisait la taille de 10 étages. L’arbre devait ensuite exploser et je devais chuter pour échapper à l’explosion. À ce moment, beaucoup des acteurs et de l’équipe technique étaient inquiets que cela soit trop dangereux et m’ont conseillé de refuser de le faire. Je pensais que vu que le réalisateur me le demandait, je devais faire de mon mieux pour coopérer et faire mon travail comme une professionnelle. Heureusement, le plan a été un succès et le résultat était bon. Je suis en réalité effrayée de tomber depuis de grandes hauteurs malgré le fait que mes films me montrent souvent en train de le faire sans peur ni hésitation. Cependant, le jour suivant, il a voulu retourner cette scène dangereuse. Stanley Tong disait que l’on ne voyait pas assez clairement mon visage et il voulait donc retourner. Cela m’a un peu énervé parce que le retournage serait beaucoup plus dangereux que la première fois. Le câble était réutilisé et avait donc plus de risques de se casser en plus d’être beaucoup trop tendu, l’arbre ayant déjà explosé une fois avait des chances d’exploser plus violement ce coup-ci, et en plus, depuis le haut de l’arbre, le matelas de sécurité semblait aussi petit qu’une boite d’allumettes. S’il y avait un accident, je serais probablement morte. Durant le retournage, alors que je sautais et que l’arbre explosait, certaines des larges branches ont été éjectées et tombaient non loin derrière moi. Heureusement, je suis tombée sur le matelas de sécurité et les branches ne m’ont pas touché. Il y avait un autre plan où je devais sauter pour m’éloigner d’une explosion. C’était également une requête de la part de Stanley Tong et il a demandé à ce que je le fasse personnellement. À cette époque, j’étais jeune, audacieuse et je n’avais pas peur de la mort donc j’ai accepté. Je n’avais aucune idée que l’explosion serait aussi grosse qu’elle l’a été. Ils ont fait exploser une douzaine de paquets de bombes à essence derrière moi et j’ai sauté à temps. L’explosion a sonné mes oreilles et c’est là que j’ai compris à quel point c’était une grosse explosion. J’étais très chanceuse qu’aucun accident ne se soit produit.

J’étais un peu triste en voyant Angel 3 la première fois de voir que tu étais un peu moins présente dans le film. Était-ce car tu tournais plusieurs films en même temps, ou car ça a été tourné après Devil Hunters ?

Oui, Angel 3, j’avais moins de scènes. Mais il y a les meilleures que j’ai faites en terme d’action. C’était car mon contrat arrivait à terme et que la société n’arrivait pas à tomber d’accord sur les termes du contrat. Donc mes scènes ont dû être écourtées.

Une des meilleures scènes de combat de Moon Lee pour « Angel 3 » (1989)

Nous avons eu en France une sortie de Devil Hunters en HD (ainsi qu’Angel Terminators 2, et Killer Angels ainsi que Dreaming the Reality sont prévus). Donc bien sûr, nous savons tous pour l’accident durant la scène finale. Quel était ton état d’esprit après ? As-tu pensé à quitter l’industrie ou à accepter des rôles moins dangereux ?

C’était la plus grosse blessure que j’ai jamais eu, l’explosion a brûlé mon visage et mes mains. À ce moment là, quand je vivais à l’hôpital, un docteur lavait mes blessures tous les jours et je devais endurer la douleur. Quand je me suis vue dans le miroir pour la première fois, je fus choquée. Mon visage était complètement enflé, comme une tête de cochon, et la surface de ma peau était comme un puits dans des terres désolées. J’ai commencé à m’inquiéter sur l’état de mon visage, si j’allais finir défigurée, ce qui est le point principal qui ferait peur à toutes les filles. Puis je me suis inquiétée de l’avenir, est-ce que je pourrais toujours faire des films ? Mais je restais la plupart du temps optimiste. J’ai passé un mois à l’hôpital et après environ trois mois, ma peau a guérie et j’ai pu recommencer à travailler. Après l’accident, je me suis dis pas mal de choses pendant que je filmais. Prendre pleinement conscience de la sécurité, ne pas écouter les demandes dangereuses balancées au hasard par le réalisateur, et communiquer beaucoup plus ainsi que me renseigner sur les autres aspects du tournage plutôt que de me focaliser sur mon propre rôle. À cette époque les équipes de productions à Hong Kong n’étaient pas très sensibles à la sécurité des acteurs. J’ai personnellement vu de nombreux acteurs d’arts martiaux ou des cascadeurs se blesser. C’est un peu triste. Finalement, j’ai donc appris à mieux me protéger. Après avoir récupéré, j’ai recommencé à tourner des films. Je faisais généralement des cascades moins scandaleuses et je les faisais toujours moi-même. Cependant à cause de cet accident, j’avais un peu plus peur des explosions et des coups de feu.

La scène finale de « Devil Hunters » (1989), durant laquelle Moon Lee et Sibelle Hu furent blessées

Tu as beaucoup travaillé avec le réalisateur Tony Liu (Devil Hunters, Killer Angels, Dreaming the Reality, Angel Terminators 2, Mission of Justice). Étais-tu amie avec lui ? Où était-il juste satisfait de tes capacités et demandait à ce que tu reviennes ?

Quand j’ai quitté Molesworth Limited Productions, Tony était le premier réalisateur à m’avoir approché pour travailler avec lui. Je ne le connaissais pas et nous n’avions jamais travaillés ensembles. Bien que le marché pour les films d’action était en plein déclin à Hong Kong, il y avait toujours une bonne demande en Asie du Sud Est. Les studios faisaient de l’argent et naturellement aimaient me demander de faire des films. Puisqu’il y avait peu d’actrices d’action qui avaient déjà un entrainement, de l’expérience au combat, des réactions rapides et pouvaient tourner immédiatement sans s’entraîner pendant trop longtemps sur le plateau, j’étais une candidate très populaire.

De même, tu as beaucoup travaillé avec Sibelle Hu, Ôshima Yukari et Cynthia Khan. Des amitiés après tant de films ensembles ?

Durant mes nombreuses années à être actrice, je ne suis pas vraiment resté en contact avec beaucoup d’acteurs et d’actrices. J’aime la plupart du temps rester chez moi et me focaliser sur ma propre vie. J’ai beaucoup d’intérêt comme la dance, le piano, et apprendre à cuisiner différent types de plats. Je suis aussi beaucoup intéressée par l’art et l’artisanat, en particulier la dance et les performances sur scène. Donc je pense que ma personnalité est très différente des autres acteurs et actrices et nous n’avons pas beaucoup d’interactions ensembles. Cependant, je peux dire qu’Ôshima Yukari et moi sommes de très bonnes partenaires de travail. Lors des tournages d’action, nous avions rarement de NG’s (de plans ratés, No Good Shots) et nous travaillions énormément ensembles. Comme nous étions souvent ensembles, nous avons même commencé à apprendre la langue l’une de l’autre.

La cascade la plus connue de « Fatal Termination » (1990)

Fatal Termination a une de tes scènes les plus connues. Était-ce un challenge effrayant pour toi ? Essayais-tu malgré tout de toujours faire mieux et plus impressionnant ?

J’ai fais tellement de films d’action que parfois ma mémoire est un peu floue et je ne me souviens pas quand ça a été filmé ou l’année à laquelle telle scène appartient. Occasionnellement, je vois des fans faire des compilations de mes scènes de combats en ligne et elles ont l’air tellement bien que parfois je n’arrive pas à croire que la jeune moi était si brave. À chaque fois que je tournais une scène dangereuse, j’étais plus ou moins nerveuse et un peu effrayée. Cependant, ma détermination de finir le travail et de dépasser mes limites encore et encore était ce qui me faisait avancer.

Simple question, pouvais-tu choisir tes projets ou ajouter des éléments à tes personnages ? Ou bien tous les projets t’étaient amenés et pas d’improvisation ?

Quand j’étais actrice, je n’avais pas beaucoup de contrôle sur les rôles et les projets que je faisais. Habituellement, tout était contrôlé par la société qui faisait le film. Tous mes films n’étaient pas bons, mais je peux te dire que j’ai toujours fais de mon mieux lors du tournage de chacun d’entre eux. En fait, j’aimais beaucoup filmer des comédies car je pense que les films comiques peuvent rendre les gens heureux. Malheureusement, il n’y a pas eu beaucoup d’opportunités pour moi à ce niveau.

« Beauty Investigator » (1993), un film beaucoup plus léger dans sa carrière

Tu as malgré tout pu en faire quelques uns. J’étais surpris de te voir jouer une méchante dans A Serious Shock ! Yes Madam ! Était-ce fun à jouer ? Je te trouve très bien dans ce rôle.

Quand le réalisateur m’a offert ce rôle, j’étais un peu surprise. Parce que le personnage est un peu le vilain et que tous mes précédents rôles étaient soit la protagoniste ou des personnages secondaires. Après un peu de temps à me préparer mentalement pour le rôle, j’ai accepté le challenge pour voir si jouer un personnage de méchant pourrait avoir un effet unique sur mon interprétation.

Tu as mis un terme à ta carrière en 1995 ou 1996 après avoir filmé Little Heroes Lost in China. Pourquoi ça ? Un choix ? Fatiguée des plateaux ?

Après tant d’années à filmer autant de films d’action, je n’avais toujours pas d’opportunités pour pouvoir jouer des rôles différents. J’ai commencé à me fatiguer de tout ça et mon intérêt pour les films d’action en tant qu’actrice a commencé à descendre. J’ai alors commencé à me focaliser sur ce qui m’intéressait réellement.

Après avoir quitté l’industrie, tu es revenue à ta passion. J’ai entendu que tu avais ouvert une école de danse. Peux tu m’en dire plus ? L’as tu ouvert à Hong Kong ? Est-ce que tu la gères toujours aujourd’hui ?

J’aimais la danse comme tu le sais depuis que j’étais enfant et je voulais devenir une danseuse, donc j’ai décidé d’arrêter le cinéma et de commencer une école de danse à Hong Kong avec mes amis. L’école enseignait majoritairement les danses Chinoises, que je trouvais très intéressantes et avec du challenge. Plus tard cependant, je ne pouvais plus m’occuper d’autant de choses en même temps dans ma vie et j’ai décidé de fermer l’école de danse.

Tu as toujours été une actrice dont on sait peu de choses. Quel est l’avenir pour toi ? Juste une petite vie tranquille ?

Je pense que je suis une actrice relativement discrète. À part participer à des tournages et à des travaux promotionnels, j’apparais rarement devant le public. J’ai l’impression d’avoir eu assez de chance de faire des bons films et d’impressionner mon public et mes fans. Maintenant à la retraite des tournages depuis de nombreuses années, j’aime toujours la vie et j’apprends de nouvelles choses tous les jours. Pour moi, je pense que ma vie est très épanouissante.

L’industrie du cinéma a changé avec les années, partout dans le monde, et bien entendu, à Hong Kong. Plus de sécurité, plus d’effets digitaux… Que penses tu de tout ça ?

Les effets spéciaux ont évolués pour atteindre un niveau inimaginable depuis l’époque où j’étais dans le milieu. A l’époque, les effets et les scènes d’action étaient plutôt dangereux, surtout comparé aux standards d’aujourd’hui. Je pense que la nouvelle génération d’acteurs est beaucoup plus heureuse. Les films de chaque époque ont leurs propres caractéristiques. Si il y a toujours beaucoup de monde qui apprécie mes films d’action, cela me rend heureuse.

Je pense que nous aimons toujours tes films car les cascades étaient réelles, pas de fonds verts ou autres. Enfin, il est malheureusement temps d’arrêter cette interview. Aimerais tu rajouter quelques choses, un mot pour tes fans ?

Merci beaucoup pour cette interview et pour m’avoir consacré autant de temps ! Le principal réseau social que j’utilise de nos jours est Weibo, donc si des fans veulent me trouver, c’est là-bas que je serais ! Je vous souhaite à tous le meilleur et j’espère que vous êtes tous en sécurité !

Merci à toi, et surtout, merci pour le temps que l’on a du prendre pour cette longue interview. Et évidemment, cela va sans dire, mais merci énormément pour ta gentillesse.


Interview Originale en Anglais

Moon Lee in « The Champions » directed by Brandy Yuen (1983)

Can you tell me a little about your childhood if you don’t mind. What kind of kid were you? Were you interested in dancing since you were a kid or did it come later when you were a teenager?

I was born in Hong Kong, when I was 6 I moved to Taiwan and studied there for 6 years. I was 9 when I first started playing the piano. When I was little, I really enjoyed the arts and wanted to become a musician. In sixth grade, I started dancing, and I really loved it. However, soon after I moved back to Hong Kong. Dancing was always my hobby ever since I was little and still is to this day.

If I remember correctly, you were noticed by a producer during a representation right? Did you immediately say yes? Were you attracted by the movie industry?

When I was 15 years old, I participated in a school dance performance, and a TV director saw me and thought that I was suitable to play a TV drama role and later asked if I was interested in acting. At that time, it was about to be summer vacation, so I thought I could give it a try and agreed. I’ve been an actress ever since!

Moon Lee in « Zu : Warriors of the Magic Mountain » directed by Tsui Hark (1983)

One of your first credit is Zu: Warriors from the Magic Mountain in 1983, directed by Tsui Hark. How did you ended on this project? Was it an easy shooting? Any fun memories from it?

Zu Warriors was my first movie I stared in. They asked me to participate in a screen test and decided that I fit the role. At that time, I was still attending school. Therefore, after school, I would go to the filming location. This movie to be can be considered as Hong Kong’s first “technologically advanced” movie, thus the waiting time between shots was very long. This movie had many big casts actors and actresses. At first, I felt very overwhelmed, but soon after everyday was very refreshing and interesting. As I mentioned before, this movie was Hong Kong’s first technologically advanced movie and thus caused quite a stir. Since everyone were deities, everyone had to fly around in the air. We used wire work which typically involved cable and pulley systems attached to a harness we would wear under our costume. At first, we all thought it would be very fun, however we soon realized that it wasn’t. The harness would squeeze us so hard that we would have many bruises. Although wire fu looked fun, in practice it wasn’t.

Moon Lee and Yuen Biao in « Winners and Sinners » directed by Sammo Hung (1983)

After that, you appeared in several films by Sammo Hung and Jackie Chan in the early 80s. Small parts in Winners and Sinners, The Protector and Twinkle Twinkle Lucky Stars. How was it to work with those established legends?

I was already signed to Golden Harvest Films. At the time, I was the first actress to sign with them. Jackie Chan and Sammo Hung were already big stars and directors in the company. When the company also arranged for me to guest star in the production, I was happy to be part of a good production. I thought to myself that I am very lucky to have such a great opportunity.

Moon Lee, lovely, in « Mr Vampire » directed by Ricky Lau (1985)

In 1985, you worked on the famous film Mr Vampire. How did you become involved in the project? Was it thanks to Sammo Hung who was the producer? Was it stressful to have a bigger part in a film this time? It’s kinda funny to look back at that film and to see you as the sweet girl who needs to be protected.

This drama is also produced by Golden Harvest Films. I received my character sheet and my lines but at that time did not really understand what the story was because there was no script. I only had a slight idea of my role and know this was a zombie film. Every time I shot, the director gave me a few sheets of paper, telling me what to shoot. This was later known to be the fragmented shooting method. The whole play is cut and spliced and the outcome and comedic effect turned out to be very good. The film ended up breaking box office records in not only Hong Kong but also in Taiwan. The film did quite well in the Southeast Asian film market. It even set off a zombie fever in Japan. The actors who shot this movie are very funny, they all have a comedic effect. Often times the actors on the set like to joke around while working very hard. I also had a lot of fun shooting.
Let me tell you about the characteristics of Hong Kong film production at that time: generally, there is no complete script, only the general direction. After the scriptwriter designed the basic scenes which is then followed by collective creation. Since comedy requires different people to create comedy segments, each scene needed to be changed or edited, it is difficult to provide a solid script that everyone would follow. This allowed immense creativity but also long working hours as everyone did not know when the shooting would come to an end.

Ôshima Yukari and Moon Lee in the first « Angel » directed by Teresa Woo (1987)

It’s right after that you became the face of the genre Girls with Guns, with the first Angel directed by Teresa Woo. How did you ended up on the project?

Angel was my first action film. At the time my two years contract with Golden Harvest expired. I felt that Golden Harvest was mainly reusing male actors and therefore felt that I had no more development opportunities with Golden Harvest. Coincidentally, Molesworth Limited Productions was newly established and wanted to find female action actresses. I was asked to sign a two years contract and became a female action actress. Director Wu arranged for professionals to train me. Though harsh training and determination, the result of the shooting came out pretty good. Since then, I became an action actress and have been shooting action films.

What kind of basic training did you have?

During most of my free time I had professionals train me. There was a lot of physical training and then followed by martial art training. Usually, it would start off with basic stretching then depending on what day it was we started practicing legwork and kicks, gymnastics, Chinese martial arts, and lastly various Chinese weapons. In short, I had to learn everything and anything in order to unsure my performance was at its peak.

Moon Lee and Sibelle Hu in « Angel’s Project » (1993), filmed in Malaysia

And trust me, it was at its peak. For these projects, you often went filming in other countries, like Malaysia, the Philippines. How was it to be always traveling?

We started shooting in Southeast Asian countries to increase the uniqueness of the films using different locations, different cultures, etc. For me unfortunately, most of the places we went such as Malaysia and Thailand were very tropical places. This made shooting very hard for me because on top of the physical exertion we had every day, the heat and humidity also increased how tired we were. Therefore on most of my time off, I stayed in the hotel and did not have much mood to travel around.

The famous stunt on top of an exploding tree in « Angel 2 » (1988)

Some rumors are still persistent about the investment of Stanley Tong in the making of Angel 2 and 3, claiming he was the real director. What do you remember about making those films?

Stanley Tong was the executive director in Angel 2. Angel’s 3 executive director and action director was mainly done by Tang Tak Wing. There was a shot in Angel 2 where Stanley Tong asked me to hang from a ten-story high tree. This tree would then explode and I would fall down to escape the explosion. At the time, many of the actors and staff were worried that it was too dangerous and advised me to refuse to do it. I felt that since the director requested it, I would do my best to cooperate and do my job as a professional. Fortunately, the shot was quite successful and the outcome was good. I am actually quite afraid of falling from high places despite my films depicting me doing so fearlessly. The next day however, he wanted to reshoot the dangerous scene. Stanley Tong said that he could not see my face clearly and wanted to reshoot. This made me quite angry because this reshoot was greatly more dangerous than the first time. The wire was reused therefore had an increased risk of breaking on top or being overextended, the tree having exploded once already might explode more violently this time, and lastly from the top of the tree, the safety mat on the ground looked as small as a matchbox. If there was an accident, I would most likely be dead. During the reshoot, as I jumped and the tree exploded, some of the large branches were blown off and were failing close behind. Fortunately, I had fallen onto the safety mat and the tree branches didn’t hit me. There was another shot where I was to jump out of an explosion. This request was also by Stanley Tong and he requested that I do it personally. Back then I was young and bold and not really afraid of death so I accepted. I had no idea that the explosion would be as big as it was. They exploded a dozen packets of petrol bombs behind me and I jumped out on time. The explosion shocked my ears and that’s when I understood how big of an explosion it was. I was very lucky that no accidents happened.

I was a bit sad when I watched Angel 3 the first time to see that you were not a lot in the film. Was it because you were making other movies at the same time? Or maybe because it was shot soon after Devil Hunters?

Yes, Angel 3, I have less scenes. But this is one of the best I’ve ever done with action. This was because my contract expired and the company couldn’t agree on the terms. So, they had to cut my scenes short.

One of her best action scene for « Angel 3 » (1989)

We had in France a release of Devil Hunters in HD (and also Angel Terminators 2 and soon Killer Angels). So of course, we all know about the accident during the ending scene. How was your state of mind at the time? Did you think about quitting the industry or accept less demanding parts?

It was the heaviest injury I’ve ever sustained; the explosion burned my face and hands. At that time, when I lived in the hospital, the doctor washed my wounds every day and I had to endure the pain. When I saw me in the mirror for the first time, I was shocked. My face was completely swollen, similar to a pig’s head, and the surface of my skin was like a pit in the dry lands. At that time, I began to worry about whether my face will be disfigured, which is what most girls would be very concerned about. Then I worried about the future, will I still be able to make films? But I was generally optimistic. I spent a month in the hospital and after about three months, my skin slowly recovered and I started to work. After the accident, I told myself a lot of things while filming. Fully measure their safety, do not listen to the director’s random dangerous requests, and communicating and checking with more aspects of filming rather than just my own role. At that time, the production teams in the Hong Kong film industry did not have a high awareness of the safety of actors. I personally witnessed many martial arts actors or stunt actors being injured. It’s kind of sad. Eventually I learned how to better protect myself. After I recovered, I started going back into shooting movies. I usually did stunts that weren’t too outrageous and I always did it myself. Due to the accident however, I was a little more afraid of explosions and shooting guns.

The final scene of « Devil Hunters » (1989), where Moon Lee and Sibelle Hu got hurt during an explosion

You worked a lot with the director Tony Lou Chun-Ku (Devil Hunters, Dreaming the Reality, Angel Terminators 2, Mission of Justice). Were you friend? Or was he just satisfied with your abilities and requested you all the time?

After I left Mlesworth Limited Productions, Tony was the first director who approached me to work with him. I didn’t know him and we never worked together before. Although the action film market in Hong Kong was declining at that time, there was still a good demand in Southeast Asia. The studios were making money and naturally liked to approach me to do movies. Since there were few female action actresses who had training, fighting experience, fast reactions, and could shoot immediately without practicing for too long on set, I was a very popular candidate.

As well, you worked a lot with Sibelle Hu, Ôshima Yukari and Cynthia Khan. You must have been good friends after so many films together?

In my years of acting, I have not really kept in touch with many actors and actresses. I usually like to stay home focus on my own life. I have many interests such as dancing, piano, learning to cook different kind of food. I am also very interested in arts and craft especially dancing and stage performances. So, I think my personality is very different from other actors and actresses and we don’t interact that much. However, I can say that Ôshima Yukari and I are very good working partners. During action shoots, we rarely have NG’s (No good shots) and we work together a lot. Since we worked together so much we even started to learn each other’s languages.

The most famous stunt from « Fatal Termination » (1990)

Fatal Termination has one of your most famous stunts (at least most famous here). Was it a scary challenge to you? Did you always try to do better and more impressive?

I’ve filmed so many action movies that sometimes my memory is blurred and I don’t remember when it was shot or what year the scene belonged to. Occasionally, I see fans puts together a compilation of my fight scenes online and they look so good that I sometimes can’t believe why my my younger self was so brave. Every time I shoot a dangerous scene, I am more or less nervous and a little scared. however, my determination to finish the job and overcome my limits again and again is what keeps me going forward.

Simple question, were you able to choose your projects or add some depths to your characters? Or were all the projects bring to you and no improvisation?

When I was an actress, I did not have much control over the roles and projects I did. Usually, it was all controlled by the film company. Not all of my films were good, but all I can say is that I did my best in the making of every movie. I actually really like filming comedy films because I think comedy films can make people happy. Sadly there were not many opportunities for me.

« Beauty Investigator » (1993), a lighter and funnier film in her carreer

I was surprised to see you being a real bad “woman” in A Serious Shock! Yes Madam! Was it fun to do? I think you are amazing in it.

When the director offered me this role, I was a little surprised. This is because the role is a bit of a villain and all my previous roles were either as protagonist or supporting characters. After a little time of mentally preparing for the role I accepted the challenge to see if playing a villain role would have any unique effects on my acting.

You kinda ended your career back in 1995 or 1996 after filming Little Heroes Lost in China. Why that? A choice? Being tired of films?

After so many years of filming so many action movies, I still didn’t have the opportunity to perform other kinds of roles. I started to get tired and my interest in action movies as an actress was gradually decreasing. I started to focus on what I was interested in doing.

So after you left the industry, you came back to your passion. I heard you opened your school. Can you tell us a little about it? Did you open it in Hong Kong? Are you still managing it now?

I loved dancing since I was a child and wanted to be a dancer, so I decided to cut back on acting and started a dance school in Hong Kong with my friends. The school mainly taught Chinese dance which I thought was very interesting and challenging. Later however, I couldn’t take care of so many things and I decided to close the dance school.

What is the future for you now? Just a quiet and simple family life?

I think I am a relatively low-key actress. Other than participating in filming and promotional works, I rarely appear in front of the public. I feel like I’ve been lucky enough to have had the opportunity to make some good films and impress my audiences and fans. Now has retired for many years, I am still loving life and learning new things everyday. To me, I think my life is very fulfilling.

The movie industry changed a lot over the years, all over the world, but also of course in Hong Kong.More safety, more digital effects. What is your opinion about all that?

Special effects have evolved to unimaginable heights since our era of filmmaking and still is evolving. Back then, effects and action sequences were fairly dangerous especially to today’s standards. I think that this generation of actors are much happier. Films of each era have their own characteristics. If there are still a lot of people who enjoy my action movies, I am very happy.

I think we still love your movies because stunts were real, no green screens or anything. Anyway, this is time to end our interview. Anything you’d like to add for your fans?

Thank you very much for this interview and for your time! The main social media I use nowadays is Weibo so if there are fans out there who would like to find me, that is where I will be! I wish you all the best and hope that you are all safe!

Thanks to you, and seriously, thank you so much for the time this pretty long interview took. And of course, it goes without saying, but thank you for your kindness.

5 réflexions sur « PORTRAIT ET INTERVIEW EXCLUSIVE DE MOON LEE CHOI-FUNG »

    1. Merci beaucoup pour ton retour ! Le genre d’articles qui demande du temps, de la patience. Mais un vrai plaisir quand tu tombes sur des personnes adorables, et bavardes en plus.
      Je compte faire d’autres articles/interviews du genre, mais après une pause !

    1. Tu me diras ce que tu en penses 😉 Je pense que même pour un novice du cinéma HK, ça pourrait être une lecture intéressante, pour leurs méthodes de tournage, et aussi aiguiller vers certains films abordés, ou des cascades folles.

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